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Love d’une pute | Chapitre 8

Chapitre 8 : Le sacrifice de l'amour

Cica

J’ai toujours détestée les hommes. Ils savent être mielleux et tendres pour avoir ce qu’ils veulent. Mais ils deviennent horribles quand ils l’obtiennent. Leur fourberie se révèle au grand jour. Je me demande si ce n’est pas à Adam que le serpent a parlé dans le jardin d’Eden tellement certains sont fourbes. J’ai vu des hommes à l’apparence d’ange mais qui m’ont fait subir les pires atrocités pour satisfaire leur bestiale envie de sexe. Je me suis toujours méfiée. J’ai rayé la case « relation amoureuse » de ma vie jusqu’ ce que je rencontre Calixte. Mais il a fini par me briser le cœur et me confirmer que j’ai toujours eu raison de me tenir loin des hommes dans ma vie sentimentale.

Calixte avait une femme dans sa vie et il m’a menti quand je le lui ai demandé à notre premier rendez-vous. Dès le départ, notre relation était basée sur le mensonge. Rien d’harmonieux et de durable ne peut se construire sur le mensonge. J’ai malheureusement fait de gros sacrifices pour lui, pour ce menteur. J’ai passé les premiers jours après cette découverte, à pleurer. Mais heureusement, j’avais Maman, mon frère et ma sœur qui me consolaient. Comment aurais-je fait s’ils n’étaient pas là ? J’avais au moins une raison d’être heureuse : J’avais retrouvé ma famille. Maman me concoctait de ses petits plats qu’elle savait si bien faire. Qu’est-ce que sa cuisine m’avait manqué !!! Je n’avais pas vraiment d’appétit mais je me forçais quand même à manger.

Un soir, quelques jours après la séquence avec Calixte, Maman m’a fait asseoir et m’a dit :

– Cica, Ton frère m’a dit qu’il voyait souvent Calixte faire le tour du quartier et qu’il est venu ici plusieurs fois pour te voir mais qu’il l’en a empêché vu que tu ne voulais pas le voir. Tu as mal, n’est-ce pas ma fille ?

– Oui Maman. J’ai très mal. C’est la première fois que j’aime quelqu’un autant et il m’a brisé le cœur. Il m’a dit qu’il n’avait personne dans sa vie alors qu’il savait bien que c’était faux.

– Je te comprends ma fille. Mais quand je vous regarde, vous avez l’air d’être heureux ensemble. Il tient à toi. C’est le moins que je puisse dire. Dieu sait que j’ai vu beaucoup de choses dans ma vie. Et puis, c’est cet homme qui prend soin de toi. Ton petit commerce ne te rapporte pas grand-chose. Mais tu arrives à prendre soin de nous tous ici. Ma fille s’il te plait, écoute au moins ce qu’il a à te dire.

– Maman je t’ai menti.

– Ah bon ! à quel sujet ?

– Mon petit commerce n’est pas ma seule activité. Je …

– Que fais-tu d’autre ma fille ?

– Je passe du temps avec des hommes pour subvenir à mes besoins.

– Tu passes du temps ? Que veux-tu dire par là ?

– Je couche avec eux.

– Quoi !!!

Je me souviendrais longtemps de la paire de gifle qui a suivi cette interjection. Maman s’est rassise après m’avoir copieusement giflée. Elle a poussé un long soupir. Je pouvais lire la déception et la tristesse sur son visage. Je me suis agenouillé et je me suis approchée d’elle. J’ai posé ma tête sur ses cuisses et je lui ai dit :

– Je n’avais pas le choix Maman. On m’y a forcé.

– Calixte est-il au courant ?

– Oui Maman. C’est dans la nuit que je l’ai rencontré. Il m’a accepté et j’ai cessé d’y aller souvent.

– Tu dis qu’il t’a accepté comme ça. N’est-ce pas une raison de lui donner une chance ?

– C’est vrai Maman.

– Maintenant dis-moi, qu’est ce qui s’est passé pour que tu en sois venue à faire ça ? Tu sais que c’est une honte ?

– Je sais Maman.

Je lui ai raconté toute l’histoire de comment je suis partie au milieu de la nuit, du village, comment j’ai rencontré Tantie La joie, comment J’étais rentrée dans la prostitution, comment je me suis libérée de Tantie La joie, de mon envie de quitter la nuit, de mes projets futurs, de ma rencontre avec Calixte et de notre histoire. J’avais une peur bleue de sa réaction. Aucun parent n’était prêt à accepter que son enfant fasse un métier aussi déshonorant. J’avais peur qu’elle veuille retourner au village et qu’elle ne veuille plus me voir. J’aurais perdu à nouveau ma famille juste après l’avoir retrouvé. Ça aurait été triste. J’aurais aussi perdu Calixte dans la foulée. J’aurais sombré.

Maman a passé une heure à m’écouter. J’ai fini mon récit au milieu de ses larmes. Elle m’a serré très fort dans ses bras. Elle s’est confondue en prières, bénédictions et vœux pour ma vie. J’étais comme soulagée. Ça me donnait plus de courage pour poursuivre mes rêves. Pour finir, Maman me dit :

– Appelles Calixte. Un homme qui accepte la vie que tu mènes et qui est prêt à t’aider, à t’en sortir est un joyau. Il mérite que tu l’écoutes au moins. Après tu pourras décider de ce que tu feras.

– D’accord Maman.

J’ai pris mon téléphone et j’ai débloqué le numéro de Calixte sur WhatsApp et je lui ai écrit :

– Bonsoir. Il faut qu’on discute.

Aussitôt après mon message, mon téléphone a sonné. C’était Calixte.

– Allo Shirley. Je te demande pardon. Je peux tout expliquer.

– Ok. Passe me chercher ce soir.

J’ai aussitôt raccroché.

Après avoir entendu sa voix triste et paniquée, j’ai eu pitié. Je ne savais même pas s’il le méritait. Il a trahi ma confiance. Il a fait la seule chose que je lui ai demandé de ne pas me faire. Je me demandais bien quelle explication, il allait bien pouvoir me donner. Allais-je le pardonner ? Je n’en savais rien.

Avant que le soleil se couche, Calixte était là. Mon petit frère était venu me prévenir de son arrivée. Quand je l’ai vu, mon cœur s’est serré. Ça faisait une semaine jour pour jour qu’on ne s’était pas vu et je me suis rendu compte à quel point il m’avait manqué. En une semaine, Calixte avait dépéri. Il faisait peine à voir. J’avais envie de le prendre dans mes bras mais ma douleur m’en a empêché.

– Bonsoir Shirley

– Salut Calixte. Comment vas-tu ?

– Ça peut aller. Et toi ?

– Ça va. Donnes moi quelques minutes, je vais me changer et on y va.

Je suis retourné m’apprêter. Je suis allé voir Maman pour lui dire que je sortais avec Calixte. Maman m’a dit :

– Ma fille, aies patience. N’oublies pas qu’un homme comme lui est rare.

– D’accord Maman.

Calixte m’attendait sur sa moto. Je l’ai rejoint et nous sommes allés chez lui. Ça faisait deux mois que j’y venais de temps en temps. Je me suis installée et Calixte est allé me chercher un verre d’eau. Il s’est ensuite installé et m’a avoué :

– Tu m’as beaucoup manqué cette semaine.

– Tu ne devrais pas. Ton autre femme ne s’est-elle pas occupée de toi ?

Il a baissé les yeux et a poussé une profonde inspiration.

– Shirley, je ne t’ai pas trompé.

– Ah oui ! Et ton beau-père qui t’a cloué le bec au restaurant la dernière fois, c’était quoi ?

– Laisse-moi t’expliquer.

– Vas-y. Je t’écoute.

– Quand nous avons commencé notre histoire, Annie et moi, on était en pause. Il n’y avait rien entre nous. En réalité, Je l’ai demandé en mariage quelques jours avant de te rencontrer mais elle a refusé de m’épouser. Après son refus, notre relation est rentrée dans une sorte de coma. On a finalement décidé de faire une pause.

– Comment puis-je te croire ? Qu’est ce qui me prouve que tu ne me mens pas à nouveau?

– Tu te rappelles de Philippe, l’avocat avec qui j’étais venu au commissariat ?

– Oui qu’est-ce qu’il a à avoir dans l’histoire ?

– Philippe est l’avocat de la société mais aussi un ami très proche du père d’Annie qui est mon patron. Si tu te rappelles bien, au restaurant, Le père d’Annie disait que Philippe l’avait prévenu. Shirley, pourquoi aurais-je pris le risque de perdre mon boulot si je ne tenais pas à toi ? C’était une pure bêtise de faire venir Philippe. Je le savais mais je ne pouvais pas t’imaginer une nuit de plus dans cette cellule. Si j’étais toujours en couple avec Annie, pourquoi aurais-je pris le risque qu’elle apprenne que j’ai quelqu’un d’autre dans ma vie ? Shirley, j’ai eu un tête à tête avec le père d’Annie, il me demande de faire un choix entre toi et lui. Quand il dit « lui », il parle de sa fille et de l’emploi que j’ai au sein de sa société. C’est le prix que j’aurais à payer si je te choisis. Tout ce que j’ai pu réaliser dans ma vie, c’est grâce à ce boulot. Depuis le lundi que j’ai eu cette discussion avec le père d’Annie, je n’ai pas cessé de déposer mon CV dans plusieurs entreprises. J’ai appelé les contacts que j’avais dans d’autres sociétés pour voir si c’était possible que je trouve un poste chez eux. Shirley si je fais tout ça, c’est parce que c’est toi que je veux. Aucun sacrifice ne me parait trop grand pour t’avoir dans ma vie, me réveiller chaque matin à tes côtés, te faire rire le plus souvent, avoir dans ma vie une femme forte, déterminée, ambitieuse, qui malgré ce qu’elle fait, est constamment en quête de sa dignité perdue. Combien de tes collègues ont envie de sortir de cette vie et retrouver leur honneur ? Je ne vois que toi chérie.J’ai fait omission de vérité mais jamais je ne t’ai jamais trompé. Donne-moi une chance s’il te plait.

Je ne savais pas quoi dire. Comment a-t-il pu prendre de tels risques pour la prostituée que je suis. Je n’en revenais pas. Qu’avais-je fait pour mériter un tel homme ?

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