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Love d’une pute | chapitre 7

Chapitre 7 : Tout s'écroule

Calixte

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes avec Shirley.

Nous nous entendions parfaitement. Tout se passait bien jusqu’à ce fameux soir, où elle m’a passé un coup de fil du commissariat. Son passé l’a rattrapé. Ce soir-là, derrière les barreaux, elle m’a raconté la triste histoire de sa vie. J’ai pu me rendre compte à quel point elle avait souffert dans sa vie. La vie lui en a fait baver. Elle avait vraiment trop souffert pour se retrouver encore en prison pour de nombreuses années.

J’aurais fait n’importe quoi pour la sortir de cette sombre cellule. La seule personne que je connaissais et qui pouvait faire quelque chose dans cette situation, c’était l’avocat de la société. Sans hésiter un instant, je lui fis appel pour lui expliquer la situation. Il a accepté de m’aider à sortir Shirley de là. La situation s’est finalement décantée toute seule avec l’aide de l’inspecteur qui a compati à l’histoire de Shirley.

Dans sa joie d’être sortie de cette situation, Shirley m’a embrassé devant l’avocat. Sur le coup, j’ai vu ma vie défiler sous mes yeux. Si jamais, il répétait ce qu’il y avait vu, je pouvais dire adieu à mon boulot. Les jours qui ont suivi, j’allais au boulot avec la peur au ventre. Plus le temps passait, et mieux je me confortais avec l’idée qu’il n’a rien dit.

Shirley avait retrouvé sa famille et flottait sur un petit nuage de bonheur. J’étais vraiment heureux pour elle. Je fis la connaissance de sa charmante mère, de son frère et de sa sœur. Ils m’ont tout de suite accepté. Un samedi soir, je les ai invité à manger au restaurant. Nous avons choisi un nouveau fast-food dans la zone de l’aéroport. Le coin était très chic. Shirley, assise à côté de moi, s’accrochait à mon bras. Nous parlions de tout et de rien. Au détour d’une blague, elle a éclaté de rire et a posé sa tête sur mon épaule. Nous étions dans cette position quand j’ai eu une vision qui m’a glacé le sang. Devant moi, se tenait le père d’Annie, le PDG de la société où je travaillais. Il y avait une rage qui déformait son visage. Je lisais des envies de meurtre dans son regard. Il était là, figé et me regardait. J’étais paralysé sur place. Je ne savais quoi dire, ni quoi faire. J’ai entendu Shirley dire :

– Oui Monsieur. On peut vous aider ?

Le père d’Annie l’a toisé méchamment en me disant :

– Petit con, c’est donc avec ça que tu trompes ma fille. Philippe me l’avait dit mais j’ai en fait fi parce que tout homme a droit à de petites galipettes de temps en temps mais visiblement ça a l’air sérieux au point où tu t’affiches en public. Rendez-vous lundi matin au bureau. Fais le point des dossiers sur lesquels tu travailles.

Sur ces mots, il s’en est allé avec les deux personnes avec qui il était venu diner.

Shirley a tourné son regard vers moi et m’a dit :

– Je t’avais prévenu. Je t’avais averti de ne me jamais me mentir. Levez-vous. On s’en va.

Elle s’est levée. Son frère et sa sœur l’ont suivi. Sa mère avait le regard triste et s’en est allée aussi. J’étais assis et encore paralysé. J’étais en train de perdre tout ce qui était important pour moi. Shirley, mon boulot, Annie ! Tout ça partait en fumée, en un claquement de doigt parce que Philippe l’avocat de la société avait parlé. Mais à quoi, pouvais-je m’attendre ? C’était un ami proche du père d’Annie. Il ne pouvait pas ne pas lui en parler. Le serveur m’a tiré de ma rêverie quand il a apporté les commandes. Je lui ai aussitôt demandé l’addition. J’ai payé et je suis parti.

Qu’allais-je devenir maintenant ? Ce weekend m’a paru une éternité. J’ai appelé Shirley tout le weekend mais elle n’a pas décroché. Je me suis rendu chez elle mais elle ne voulait pas me parler. Son frère jouait au garde du corps. Je suis resté à tourner en rond dans son quartier en espérant qu’elle sorte et que je lui donne ma version des faits. Je n’ai pas aperçu son ombre. Au bout de six heures à tourner en rond, je suis parti.

Comment allais-je faire pour mon boulot ? Ce n’était même pas la peine d’espérer quoi que ce soit de la société, et même pas une lettre de recommandation. Etait-ce même la peine de les citer sur mon CV ? De toute façon, le père d’Annie n’hésiterait pas à détruire ma réputation. C’était un homme puissant. Il avait des amis partout. Dieu sait combien de fois ses coups de fil à tel ou tel patron a décanté des situations difficiles pour la société.

Je ne savais pas quoi faire. J’étais encore plus déboussolé quand je pensais à la réaction d’Annie. Son père l’avait-il informé de la situation. Elle ne m’avait pas appelé du tout. Ce qui n’est pas de ses habitudes dans ce genre de situation. J’ai donc pris mon téléphone pour en avoir le cœur net. J’ai appelé Annie.

– Allo

– Salut Calixte. Comment tu vas ?

– Je vais bien. Et toi ?

– ça va aussi. Comment passes-tu ton weekend ?

– Oh rien d’extra. Je suis juste à la maison. Et toi ?

– Rien d’extra non plus. Je suis passée au bureau en flash ce matin. Après je suis allée chez la coiffeuse. Là je m’apprête pour me rendre à l’église.

– Super. Je voulais prendre de tes nouvelles.

– C’est gentil chéri. Merci.

– Prie pour moi. Bisous.

C’était un grand soulagement. Annie n’était au courant de rien, en tout cas, pas pour l’instant. Je me demandais pourquoi son père ne lui avait rien dit. Qu’avait-il en tête ? J’ai encore essayé maintes fois d’appeler Shirley mais rien. Elle m’avait bloqué sur WhatsApp. Je ne pouvais pas lui écrire.

Le moment où ma vie changerait peut-être de cap approchait. La nuit était tombée. Chaque seconde me semblait une éternité. Je redoutais le lever du jour. Mes paupières refusaient de se fermer. Mon cerveau était alerte. Le sommeil me fuyait. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et mis mon PC en marche. J’ai commencé par retracer mon parcours professionnel, les tâches que j’ai exécutées pendant ma seule expérience, mes diplômes, mes aptitudes, etc. J’ai rédigé mon CV. Je n’avais jamais eu à le faire, vu que j’ai été directement embauché. Autant avoir un bon CV prêt sous la main pour reprendre du poil de la bête.

Finalement la fatigue a eu raison de moi vers 4h45. Je me suis réveillé à 7h. Moi qui me mettais souvent sur mon 31 les lundis pour commencer ma semaine, je me suis contenté d’une chemise et d’un pantalon à peine repassés. Je suis sorti de la maison sans grande motivation et avec une frayeur indescriptible. Quand je suis arrivé au boulot. Le père d’Annie n’y était pas encore. Je me suis rendu dans mon bureau, et j’ai commencé par classer tous les dossiers sur lesquels j’avais travaillé. Au bout de dix minutes, je me suis écroulé. Mes deux jambes ne me portaient plus. J’ai éclaté en sanglots. Les dossiers que je tenais en main, me rappelaient mes efforts, mes victoires, toutes ces fois où j’ai dû harceler un client pour lui faire signer un contrat, toutes ces fois, où j’ai dû poiroter dans une salle d’attente pendant des heures avant de pouvoir présenter les offres de la boite, toutes ces fois où j’ai bravé la pluie et le soleil pour réaliser mes objectifs. Tout ça semblait avoir été fait en vain. Le pire c’est que je ne pouvais même pas crier injustice, parce que j’avais fait mes choix moi-même et les conséquences étaient là.

Je repensais à ce jour où j’ai désiré Shirley. Entre mes pleurs, je murmurais son prénom. Je l’avais perdu. Mon amour ! Si seulement, j’avais au moins pu lui expliquer, lui demander pardon, et la garder près de moi. Ce sera une consolation que de tout perdre ainsi.

On est venu toquer à la porte de mon bureau. Je me suis ressaisi avant de lancer d’une voix presque normale :

– Un instant.

– Calixte, le DG te demande.

C’était la voix de l’assistance du père d’Annie. J’ai essuyé mes larmes. J’ai arrangé ma chemise. J’ai feint comme si de rien n’était et je me suis rendu dans le bureau de celui qui aurait pu être mon beau père. Il m’a installé et a demandé à ce que nous ne soyons pas dérangés. Son visage était moins dur que le samedi. Je ne savais pas quoi penser de son attitude. Il m’a longuement regardé et m’a dit :

– Calixte je te connais depuis plusieurs années. Je ne laisse souvent pas des personnes qui ne sont pas de mon rang social, s’approcher de ma famille. Tu avais l’air d’aimer sincèrement ma fille et de ne pas en vouloir à mon argent. Tu as su gagner mon respect. Je ne me mêle pas de ta relation avec ma fille pour la simple raison qu’elle est une femme maintenant, et elle doit savoir gérer certaines choses toute seule. Mais ça ne veut pas dire que je ne me tiens pas informé de ce qui se passe. Récemment, vous avez traversé un moment difficile. J’imagine ce que tu as dû ressentir quand elle a refusé de t’épouser. Ça n’a pas certainement pas été facile ni pour toi, ni pour Annie. C’est très dur pour elle. Elle essaie de rester concentrée sur son boulot, mais je vois bien que son esprit est ailleurs. Ce n’est pas très bon pour les affaires. Tu fais partie de son équilibre, je dois l’admettre. Tu es important pour elle, et votre pause ne la rend pas plus productive. Je veux pour ma fille ce qu’il y a de meilleur. Je veux qu’elle soit heureuse et tu vas devoir faire ce qu’il faut pour ça. Je prendrais des dispositions pour que dans un futur proche, les choses ne pèsent pas sur elle ici. Quant à toi, tu vas te ressaisir et oublier tes histoires de fesses. Est-ce que je me suis fait comprendre ?

– C’est clair mais je dois y réfléchir.

– Ah bon ! Tu sais ce qu’il t’en coûtera si tu fais le mauvais choix.

– Je sais bien mais je dois y réfléchir.

Je ne savais pas d’où je trouvais le courage pour dire ces mots. Mais perdre Shirley était inconcevable. Qu’allais-je faire ?

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