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Love d’une pute | Chapitre 5

Chapitre 5 : Entre deux feux

CALIXTE

Annie avait tout ce qu’un homme pouvait désirer. La beauté ! L’intelligence ! Une bonne éducation ! Elle aimait les enfants et aurait fait une mère formidable. Elle était aussi une cadre consciencieuse et dévouée. C’était ce dernier aspect qui était au cœur de mes craintes. Je n’étais vraiment pas macho. Bien au contraire, je l’ai toujours encouragée dans sa carrière mais aujourd’hui cela prenait le dessus sur notre couple. Fallait-il continuer dans une relation, qui au jour le jour, disparaissait peu à peu ? Le jeu n’en valait pas la chandelle. Il était mieux pour moi d’avancer.

Shirley, malgré ce qu’elle faisait dans la vie était une porte de sortie. Elle me plaisait beaucoup. Savoir qu’elle couchait avec d’autres hommes me piquait, mais mon cœur était têtu. Il y avait d’autres femmes que je pouvais avoir, mais c’était elle que je voulais. J’avais bien l’intention de me lancer quitte à ce que l’avenir me permette de lui offrir une vie décente, qui ne l’obligerait plus à aller dans la rue. Personne n’était obligé de savoir ce qu’elle faisait dans la vie. Rien ne nous obligeait à vivre à Cotonou. On pourrait faire table rase de tout et partie sur du neuf. Mais pour l’instant, il fallait qu’on s’y mette sans pression si tant est qu’elle voulait bien me donner une chance.

Quelques jours plus tard, je suis retourné la voir. Nous avons pris rendez-vous pour le lendemain, après son cours. J’étais excité comme un adolescent qui va à son premier rencart. Après le boulot, je suis rentré prendre une douche. Je me suis changé et je l’ai appelé pour avoir sa position. Elle venait de finir son cours. Je l’ai rejoint. Elle était sublime. Elle portait un chemisier blanc en soie sur une jupe droite grise. Sur son visage, un maquillage léger mettait en valeur sa beauté naturelle. Elle tenait sur des escarpins noirs. Son style n’avait rien à avoir avec celui qu’elle arborait les autres jours. Elle était élégante et ça me plaisait.

Nous sommes allés dans un restaurant à Ganhi. Elle aimait le décor. Nous nous sommes installés et avons commandé. Au détour d’un compliment, elle a souri d’un sourire révélateur de son charme élégant. Je n’ai pu m’empêcher de saisir sa main au passage et lui dire ce que j’avais sur le cœur, de mon envie d’être avec elle malgré les risques. Elle est restée silencieuse pendant un long moment et me dit :

– Calixte, tu es un bel homme. Tu m’as l’air responsable et j’avoue que tu me plais. Tu m’as fait ressentir ce qu’aucun autre homme ne m’avait fait ressentir auparavant. Je suis très indépendante. Je n’ai jamais envisagé me mettre en couple donc je ne sais pas comment on fait. Il te faudra être patient. Aussi j’ai beaucoup souffert. Je ne veux plus souffrir. Je veux regagner ma dignité quel qu’en soit le prix, c’est pourquoi je me bats. Si tu veux prendre part à mon combat, Ok. Mais je n’aime rien devoir à personne. Il faudra que tu t’armes de beaucoup de patience et ne me mentes jamais. S’il te plait, ne le fais jamais.

– Shirley, j’ai compris. Je te le promets.

Nous en étions là quand le serveur a amené nos commandes. Nous avons diné dans une ambiance sympathique. On s’est raconté nos journées. On s’est fait des blagues, on a rigolé. Après avoir réglé l’addition, nous avons marché sur la plage. Elle était frileuse alors je l’ai prise dans mes bras. Nous avons longuement parlé du monde de la nuit, des hommes insoupçonnables qui y viennent, de la drogue, de la délinquance et tout ce qui y vit.

Nous avons passé un très bon moment. Je l’ai déposé chez elle. Sur le pas de son portail, elle m’a souhaité bonne nuit en me faisant une douce et longue bise. Elle s’est échappée avant que mes mains ne l’enlacent pour l’étreindre. Elle s’en alla en m’adressant un sourire et en me disant : à demain petit coquin.

Je venais de passer un moment agréable. Pour la première fois, je découvrais une femme qui n’avait rien de toutes celles de mon environnement. Le genre « longues études, carriériste puis femme au foyer » n’était clairement pas celui de Shirley. Elle avait d’autres choses à m’apprendre de la vie. Ça ne la rendait que plus intéressante. Je repensais à elle tout au long de mon trajet en rentrant chez moi.

Une fois à la maison, je me suis garé et je suis monté dans mon appartement. J’ai mis la clé mais je me suis rendu compte que la porte n’était pas verrouillée. J’étais certain d’avoir verrouillé la porte avant de sortir. J’ai craint le pire d’autant plus que toutes les lumières étaient éteintes. Je me suis précipité à l’intérieur, puis j’ai allumé la lumière. Annie était assise dans le canapé et m’attendait.

– Où étais tu ? m’a-t-elle lancé.

– Je suis sorti prendre un pot.

– Avec qui ?

– Pourquoi tu me poses cette question ? Et puis que fais-tu ici ? Techniquement on n’est pas censé être en break ?

– J’avais envie de te voir Calixte.

– Ok.

– Tu me manques Calixte.

Je ne savais vraiment pas quoi répondre à ces mots. A vrai dire, je ne ressentais pas vraiment le manque. Tout mon esprit était focalisé sur Shirley. Je me suis assis et j’ai commencé par me déchausser. Elle s’est approchée et m’a dit :

– Y a-t-il quelqu’un d’autre ?

J’ai tourné ma tête vers elle, et je lui ai lancé un regard offusqué en lui disant :

– Mais d’où sors-tu une idée pareille ?

– Regardes toi. Regarde la façon dont tu es habillé. On dirait que tu viens d’un rendez-vous.

– Ecoute Annie, je suis vraiment fatigué. Je n’ai pas envie de me disputer ce soir. Si tu veux bien, je vais me coucher. Tu peux rester si tu veux.

– Non ce n’est pas la peine. Je vais rentrer chez moi. Visiblement je ne te manque pas. Je ne vois pas en quoi ma présence ici est souhaitable.

Elle s’est levée et a pris la direction de la porte. Je l’ai attrapé par le poignet. Elle s’est retournée et j’ai vu ses yeux imbibés de larmes. Je ne pouvais m’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Je l’ai prise dans mes bras. Elle s’est blottie contre moi. Pour la consoler, je lui ai dit :

– Ce n’est pas que tu ne me manques pas. C’est juste que j’ai toujours mal à cause de ton refus. La pilule a du mal à passer. Ça va me passer. Ne t’inquiète pas.

– D’accord chéri. Mais s’il te plait, ne fais pas de bêtises. Je ne veux pas te perdre.

– D’accord.

Je l’ai raccompagné jusqu’au portail et elle s’en est allée. Je suis rentré me coucher en pensant à tout ça. Avec ce qui venait de se passer, Annie était sur le point de revenir. Dans quelles conditions, c’était difficile à dire. Une chose était sûre, elle tenait à moi. Je n’étais plus si sûr de tenir autant à elle. Je l’aimais toujours mais notre relation était assez compliquée.

Mon histoire avec Annie remonte en première année d’université. Nous avions fait un cours de gestion financière en tronc commun. Ce jour-là, elle était venue en retard. Notre nouvelle arrivée à l’université nous faisait croire qu’on était des surhommes. On avait tendance à en faire un peu de trop. Le look d’Annie n’était pas du reste. Talons de vingt centimètres, maquillage lourd, jupe droite dépassant à peine les genoux étaient ses armes. Elle était un peu la star de la promotion. Tout le monde savait que ses parents étaient riches. Il n’y avait qu’à voir la voiture qui l’amenait au cours.

Dès que je l’ai vue, elle m’a plu mais le gros timide que j’étais, n’aurait pas osé lui faire des avances. J’étais particulièrement brillant et presque tous les professeurs me remarquaient. J’étais celui vers qui tout le monde se tournait pendant les révisions. Annie était dans un groupe avec lequel je travaillais pour les partiels de gestion financière. C’est ainsi que nous nous étions rapprochés. Nous avons commencé à sortir ensemble au second semestre.

Jusqu’à la fin de nos études, j’allais l’aider dans ses révisions chez elle. J’ai rencontré ses parents. Pour eux, j’étais juste un camarade au début mais on ne peut pas duper les parents bien longtemps. Ils ont fini par comprendre ce qu’il y avait entre nous. Je ne venais pas d’une famille riche mais on ne crevait pas de faim non plus. Ce n’était pas gagné d’avance. Le fait que je contribuais à ce qu’Annie ait de bonnes notes, a facilité mon acceptation.

Annie a demandé à son père son accord pour que je fasse mon stage académique au sein de leur société. Pendant mon stage, je me suis rendu compte que la relation avec la clientèle n’était pas vraiment entretenue. J’en ai parlé au directeur commercial qui m’a demandé de faire des propositions qui ont été soumises à la direction. Après mon stage, il m’a proposé de me recruter pour l’assister. C’est ainsi que j’ai commencé par travailler dans la société. J’ai gravi les échelons et je suis aujourd’hui le chef service clientèle.

Pendant ce temps, Annie et moi avions fait des projets. On était tout le temps ensemble. Pour beaucoup de nos amis, on était le couple modèle qui était ensemble depuis la première année. On aimait voir le coucher du soleil à la plage, prendre des photos, faire des balades, voyager et découvrir d’autres contrées. Au fil du temps, je me sentais de moins en moins avoir de la place dans la vie d’Annie. Sa famille et l’entreprise représentaient une part de sa vie qui ne cessait de croitre. Elle était la personne sur laquelle sa famille comptait beaucoup. Elle était très serviable. Entre ça et le boulot, elle était toujours fatiguée et n’avait plus assez de temps à consacrer à notre couple. Parfois, elle m’appelait au secours pour l’aider dans les choses qu’elle avait à faire. Je l’aidais du mieux que je pouvais.

Quelques rares fois, on réussissait à nous échapper de ce tourbillon pour passer un weekend en amoureux. Ces moments étaient magiques et étaient le signe qu’on pouvait être vraiment heureux hors de la pression de sa famille et de l’entreprise. J’avais foi en cela, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis décidé à demander sa main.

Mais hélas, les choses ne se sont pas passées comme je l’espérais, et encore moins avec mon coup de foudre pour Shirley. Il me fallait faire un choix maintenant. Mon amour de toujours avec qui l’avenir ne semblait pas être si excitant avec le permanent rodéo entre sa famille et l’entreprise qui occupait une place importante. Quelle place aurais-je, moi et la famille que j’ai envie de fonder dans sa vie déjà mouvementée ? Shirley, la mystérieuse prostituée qui avait des rêves de grandeur et de liberté, et qui se battait au jour le jour pour retrouver sa dignité. Elle voulait me donner ma chance malgré que ça n’ait jamais vraiment fait partie de ses plans.

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