fbpx

Love d’une pute | Chapitre 4

Chapitre 4 : Fenêtre de bonheur dans une vie de pute

Cica

Le monde de la prostitution était plein de vices. Depuis quatre ans que j’étais dans la nuit, j’en ai vu des vertes et des pas mûres. Des hommes me demandèrent des choses plus sordides les unes que les autres, des choses qu’ils ne demanderaient pas à leurs femmes. Pour certains, je n’étais qu’une chose en laquelle ils pouvaient entrer et prendre leur pied. A certains moments, j’avais profondément le sentiment d’être moins qu’une humaine. J’avais une si piètre image de moi-même. Qu’aurait pensé ma mère si elle savait ce que je faisais ? Plusieurs fois, j’essayais de quitter la nuit mais je ne connaissais personne. Tantie prenait 60% de ce que je gagnais. A la fin, il ne me restait que de quoi survivre. Dans ces conditions, il n’était pas évident de faire des économies pour changer de vie.

Au fil du temps, la petite naïve en moi eut la rage. Pour chaque homme qui me touchait, je trouvais la force de me battre pour que cette vie s’arrête. Chaque coup de rein me rappelait la douleur en mon âme et mon envie de ne pas être là en ce moment. Je me rappelais que cet homme n’était pas celui que j’avais choisi et que j’étais là plus par obligation que pour moi-même. Les douches n’enlevaient pas la souillure dont je me sentais remplie. Ma seule planche de salut était de changer de vie, de pouvoir me tenir debout et dire avec fierté ce que je faisais dans la vie.

Pendant tout ce temps, je réussis à m’acheter quelques livres. J’aimais lire. Je découvrais dans les romans, des histoires. Même si je savais que ces histoires étaient parfois inventées, elles étaient pour moi, une fenêtre sur une autre vie. Elles me permettaient de m’évader et d’aspirer à des choses meilleures pour moi et ma vie future. Je voulais toucher du doigt ces réalités que je lisais. Mais pour moi, il était clair que je ne pouvais espérer être une femme au foyer. Si jamais, mon passé de meurtrière et de prostituée venait à être découvert, je souffrirais encore et j’avais déjà eu assez de souffrance dans ma vie. Je me contenterais de richesse et de voyages.

Avec le temps, je déclarais moins que je gagnais pour faire des économies et m’inscrire à des cours du soir pour améliorer mon niveau d’instruction. Je voulais aussi lancer un commerce de produits cosmétiques. Quand on est dans la nuit, il faut toujours être belle et donc en savoir un maximum sur les produits de beauté. J’en étais devenue une véritable experte. C’était ce que j’avais envie de faire. Mélanger des produits, faire toutes sortes de combinaisons, expérimenter et voir le résultat d’un teint radieux, et d’un corps parfait m’épanouissaient vraiment. C’était un rayon de soleil qui me faisait sourire dans cette sombre vie que je menais.

Au bout de deux ans, j’ai négocié ma liberté avec Tantie. Elle m’imposa des quotas faramineux à réaliser sur six mois. J’usais de tous les artifices. Je me donnais trois fois plus. Je travaillais même le jour parfois. Je regardais une multitude de films porno pour améliorer mes performances et fidéliser quelques clients qui payaient bien. Le bout du tunnel était proche. L’idée de ne plus avoir de compte à rendre était un pas vers ma liberté. J’étais motivé et j’ai réussi. A contre cœur, Tantie dut me libérer. Je pus prendre un appartement entrer-coucher de 10 000f le mois. C’était miséreux mais j’en étais fière. Je continuais par me prostituer pour subvenir à mes besoins et continuer mes cours du soir. J’y allais les soirs, je travaillais la nuit, je me reposais et j’étudiais dans la journée. Cette année, j’aurais vingt-six ans et je passerais mon bac.

Un soir, je tombai sur un client assez atypique. Au prime abord, il me sembla que c’était sa première fois. Il était très hésitant. Je l’emmenai dans mon motel habituel. Pour la première fois, un homme me fit un cunnilingus. C’était une sensation indescriptible. Pour la première fois, j’eus envie qu’un homme entre en moi. Il me donna du plaisir. Dans sa façon de me toucher, il y avait quelque chose de différent. Je sentais en lui une attirance au-delà de l’envie de baiser. Ce n’était d’ailleurs pas une envie de baiser, mais plutôt de faire l’amour. Oui c’était ça. Il me fit l’amour. Il n’y avait pas de bestialité dans sa manière de me prendre. Il était tendre et doux. Tout ça m’était si étrange et si nouveau.

Ce qui me parut encore plus étrange est qu’à la fin, il me demanda mon prénom. Sans réfléchir, je lui donnai mon vrai prénom. Il y avait longtemps que je ne l’utilisais plus. J’avais choisi Shirley, un personnage d’un des romans que j’avais lu. Je voulais rester introuvable pour ne pas avoir à faire face à la honte que j’ai fui dans ma famille. J’étais troublé par toutes ces émotions qui grouillaient en moi. Je m’enfuis presque de la chambre. Sur le chemin, je ne faisais que sourire sans en connaitre la raison. Pour la première fois, je me sentais femme. J’étais tellement bien dans ma peau que je ne voulais plus qu’aucun autre homme me touche ce soir-là. Je rentrai chez moi.

Le lendemain, le même client revint. Je revenais des cours pour commencer par travailler quand ma meilleure amie Arielle me fit savoir discrètement que quelqu’un m’attendait. Il était bien habillé et élégant, rien à avoir avec le jeune homme en t-shirt et culotte de la veille. La rue était un plus éclairée que la veille. Il me parut plus beau. S’il était là, c’était surement que le moment qu’on avait passé, lui avait plu et il voulait rééditer l’exploit. Il s’approcha et m’appela « Cica ». C’était une grosse maladresse mais il ne pouvait pas le savoir. Je le lui interdis donc. Cette fois, il voulait discuter autour d’un pot. C’était une demande assez inhabituelle venant d’un client. Je m’y étais opposée dans un premier temps, mais je finis par accepter.

Il m’emmena dans un lounge. Nous nous présentâmes et Il me fit des avances. Il avait l’air de vouloir sortir avec moi, mais était-il conscient de ce qu’il était en train de me demander. Je suis une prostituée, et il le sait. Quel genre d’avenir espérait-il ? Il n’avait pas l’air de comprendre de tout ce que ça impliquait. Je lui ai demandé de bien y réfléchir avant de se lancer dans une telle folie.

Quelques jours plus tard, Calixte revint me voir. Il voulait m’inviter à diner. J’étais surprise par son invitation. J’avais été un peu vache avec lui la dernière fois qu’on s’était vu. Avec tout l’argumentaire que je lui avais déballé pour le dissuader de vouloir sortir avec moi, je ne m’imaginais pas qu’il reviendrait. Nous primes donc rendez-vous pour le lendemain après mon cours. Nous échangeâmes nos numéros.

Il fut très surpris quand je lui dis que j’allais au cours. Il voulut en savoir plus. Je lui promis qu’on en parlerait le lendemain. Malgré la carapace que je portais en sa présence, il me plaisait. C’était la première fois qu’un homme me faisait sentir ainsi. Avec le temps que j’ai passé dans la nuit, je me rendis compte combien les hommes ne pensaient qu’à ce qu’ils ont entre les jambes, et j’étais assez affutée pour détecter les faux semblants de certains clients qui s’attachaient parce que je leur procurais un plaisir que leurs femmes ne leur donnaient pas. Je savais très bien reconnaitre l’attachement sexuel. Ce que je percevais chez Calixte, était loin de là.

J’étais tout excitée à l’idée de ce diner. J’en étais tout aussi effrayée. Ce genre de relation ne faisait pas partie de mon plan de vie mais voilà ce qui m’arrivait. Le monde des harlequins dans lequel je m’évadais souvent, était en train de frapper à la porte de ma vie. J’avais peur qu’il me donne des illusions et des espoirs qu’il finira par décevoir. Mais en même temps, j’avais envie de me donner le droit de me sentir « Femme » pour une fois dans ma vie même si ça ne durera pas.

La journée du lendemain me parut plus longue que d’habitude. Enfin, l’après-midi se terminait enfin. J’allais m’apprêter. Ce soir, j’avais envie de ne pas être « La pute ». Je voulais m’habiller de façon élégante, sobre et respectable. J’ai passé pratiquement deux heures à choisir ce que j’allais porter. Finalement j’étais en retard pour mon cours. Je sortis de la maison comme une fusée après m’être habillée. En cours de route, je priais pour que le prof ne vienne pas avant moi. Mes prières furent exaucées.

Moi qui étais souvent attentive à tout ce que disait le prof, j’avais l’esprit totalement ailleurs ce soir. J’humais l’air et mon esprit vagabondait, s’imaginant mille et un scénarii proches des histoires que je lisais. Je me repris quand le prof me posa une question. J’étais bouche bée. Je n’avais rien entendu de la question. Il me dit « Aujourd’hui tu es en mode grande dame tête en l’air. » ce à quoi toute la classe rit. Quelqu’un d’autre répondit à la question. Quelques minutes plus tard, le cours prit fin.

Mon téléphone sonna. C’était Calixte.
– Bonsoir Shirley. Comment vas-tu ?
– Je vais bien. Et toi ?
– Je vais bien aussi. Merci. Dis-moi, tu as fini ton cours ? Je peux passer te chercher ?
– Oui on vient de terminer. Tu peux passer.

Un quart d’heure plus tard, Calixte était là. Il portait une belle chemise bleue avec des rayures foncées fines, un jeans bleu et des mocassins qui étaient assortis à la couleur de sa ceinture. Je crois qu’il était plus frais que toutes les autres fois où on s’était vu. Il gara sa moto près de moi et m’adressa un large sourire. Je lui rendis son sourire. Nous nous fîmes la bise. Il m’emmena dans un restaurant à Ganhi. Le restaurant était situé pratiquement en face de la CCIB, et donnait sur la plage. La vue était magnifique en soirée. On voyait au loin les lumières du port et les grues en mouvement. C’était vraiment beau. Nous nous installâmes sur la terrasse. Un serveur vint et apporta les menus.

Calixte me regarda et me dit :
– Tu es sublime.
– Merci. Dis-je timidement.

Je crois qu’à ce moment, si j’étais une blanche, mon visage deviendrait tout rouge. Je crois qu’il remarqua l’effet de son compliment et sourit laissant apparaitre ses fossettes. Qu’est-ce qu’il avait un beau sourire ! Il s’empressa de me demander :

Je suis toujours aussi curieux qu’hier. Tu suis quel cours ?
– En fait, je suis des cours du soir pour passer le bac.
– Waoh ! je suis surpris. Tu fais quelle série ?
– Je fais la « B ». J’adore la littérature. J’aime bien tout ce qui est économie. J’envisage faire du commerce plus tard donc il me faut avoir un minimum de connaissances dans le domaine. Donc la « B » est un bon compromis entre ma passion et mon rêve.
– Franchement, je suis impressionné. Mais pourquoi c’est maintenant que tu passes le bac ? SI ce n’est pas indiscret.
– C’est une longue histoire. Mais je préfère ne pas en parler ce soir si tu veux bien.
– D’accord. A votre guise Ma dame.
Ses derniers mots me firent sourire. Il en profita pour prendre ma main dans la sienne et me dit :
– Cica, j’ai repensé à tout ce que tu m’as dit la dernière fois et tu as effectivement raison. Mais s’il y a une chose dont je suis sûr et certain, c’est l’attirance que j’éprouve pour toi. En toute honnêteté, ce n’est pas encore de l’amour mais je sens que ce n’en est pas loin. Tu hantes mes pensées toute la journée. Je veux t’avoir dans ma vie avec tous les risques que ça comporte. Je veux qu’on apprenne à se connaitre, qu’on prenne le temps de se découvrir sans pression, de nous assortir l’un à l’autre. Tout à l’heure, tu as dit une chose qui m’a ôté une épine du pied. Tu as envie de faire du commerce. Si tu me permets, je peux contribuer à ce que tu réalises ce rêve et avec le temps, nous verrons ce que ça donnera entre nous.

Cliquez ici pour télécharger gratuitement
Télécharger gratuitement
suscipit Praesent Lorem ipsum et, fringilla Aenean dictum at elit.
Open chat
Powered by