fbpx

Love d’une pute | Chapitre 3

Chapitre 3 : Le coup de foudre inapproprié

CALIXTE

Mon réveil de ce matin était différent. Mon sommeil était si agréable que je n’ai pas entendu le réveil sonner. Ce moment passé avec Cica était magique. Je m’étais réveillé en souriant avant que mes yeux ne se posèrent sur le réveil. Il était 7h20 et je devais être au boulot à 8h. Je sautai de mon lit pour filer à la douche, mais revins sur mes pas pour allumer la radio. Je sentais une folle envie d’écouter de la musique. Je mis une station qui diffusait de la musique en continu. La playlist était purement béninoise. Malgré que j’étais en retard, je ne pouvais m’empêcher de chanter à tue-tête sous la douche. J’étais d’excellente humeur et j’avais envie d’être sur mon 31. Je sortis mon costume sur mesure que je ne mettais que quand j’avais un gros contrat à signer. Je fis toute sorte de poses de mannequin devant mon miroir, avant que les dix minutes qui me séparaient de l’heure du boulot vinrent me chasser.

Ecouteurs dans les oreilles par-dessous mon casque, je continuais à savourer la playlist de la radio en conduisant. Une fois au boulot, tout le monde eut droit à mon « Bonjour » le plus chaleureux de l’année. Je rayonnais de mille feux jusqu’à ce que je me retrouve devant le bureau d’Annie. Elle sortait de son bureau au même moment. Je ressentis un déchirement dans mon cœur quand nos regards se croisèrent.

– Bonjour Calixte, fit-elle. – Bonjour Annie. Comment vas-tu ? – Je vais bien. Et toi ? – Ça va. – Chéri, tu sais, on doit se parler. Je te dois une explication. On peut déjeuner ensemble à midi s’il te plait ? – D’accord si tu veux, lui répondis-je sans grande motivation.

A cette heure, Annie devait être ma fiancée, la femme avec j’étais censé passer ma vie avant que son refus de m’épouser ne jette un doute sur ce que je pensais vouloir que ma vie soit. Je n’arrivais toujours pas à comprendre ou même à envisager les éventuelles raisons, qui auraient pu motiver son refus. Je ne savais pas si j’avais vraiment envie d’entendre ses explications. Néanmoins, j’écouterai ce qu’elle a à me dire.

Ma bonne humeur prit un coup mais tant bien que mal, j’essayais de la ramener. Je fis ma liste de tâches et commençai ma journée. Je me surpris à repenser à la nuit que j’ai passée avec Cica, et je souriais bêtement. Je me demandais bien ce qui m’arrivait. Pourquoi étais-je entrain de penser à une prostituée ? J’éloignai ces pensées de mon esprit et je me concentrai sur mes tâches de la journée. Entre des appels à passer, des documents à rédiger et des rendez-vous, la matinée passa en un éclair. Je finissais un rendez-vous avec un client quand mon téléphone sonna. C’était Annie. Elle voulait connaitre ma position, de même que l’endroit où nous allions nous retrouver. Nous avions nos habitudes au restaurant Saveurs du Bénin, non loin du bureau. Je lui proposai que nous nous y retrouvions dans un quart d’heure.

Une fois sur place, Annie m’attendait déjà. Elle, qui prenait tout son temps, était ponctuelle pour une fois. Je pris place et le serveur nous apporta le menu. On commanda le menu du jour. L’ambiance était bizarre. Annie avait quelque peu l’air désespéré. Elle me connaissait assez bien pour savoir que j’obtenais toujours ce que je voulais et que dans le cas contraire, je réagissais de façon très imprévisible. J’étais capable de prendre les choses de façon sportive et laisser couler, tout comme je pouvais réagir très négativement. Je crois qu’elle redoutait la seconde option. Elle savait à quel point je l’aimais.

J’engageais la discussion par les banalités en demandant comment elle avait passé sa matinée, et toutes les petites questions d’usage. Malgré la tension ambiante, je ne voulais pas que ma bonne humeur prenne un coup. Annie finit par aborder le sujet pour lequel nous étions là.

– Chéri, ça a été difficile pour moi de refuser ta demande. Je t’aime de tout mon cœur et je veux passer ma vie avec toi. C’est juste que le moment n’est pas propice. Pour le moment, c’est une info confidentielle. Papa veut prendre sa retraite d’ici un an et me laisser la direction de l’entreprise. Ce sera une lourde responsabilité. Me marier maintenant impliquerait prendre soin de mon foyer et éventuellement faire un bébé. Je sais que tu le désires. Ce sera une responsabilité toute aussi importante que prendre la direction de l’entreprise. Gérer les deux ensembles ne sera pas une mince affaire. Je ne m’en sens pas capable. Je t’en supplie. Comprends-moi. Je t’aime et c’est toi que j’ai choisi. C’est avec toi que je veux passer ma vie.

– Je vois. Qu’attends-tu de moi exactement ? – Je voudrais que tu me laisses un peu de temps. – Combien de temps ? – Je ne saurais te dire pour l’instant. – Annie, prendre la direction de l’entreprise est une excellente chose. Tu es une bosseuse et je suis convaincu que tu as tout ce qu’il faut pour diriger cette boite. Toutefois, c’est une pression constante. C’est mille choses à gérer au jour le jour. J’en sais quelque chose. Et tu sais très bien que ce n’est pas une pression qui va baisser avec le temps. Bien au contraire, avec les projets d’expansion que nous avons en vue, ça va être plus dur. Prendre ton temps pour t’adapter en espérant pouvoir jumeler ta vie de couple et une vie professionnelle est illusoire. Et tu le sais mieux que quiconque. Si je dois t’attendre, ce sera pour un moment relativement long. Chérie, j’ai 32 ans. J’ai envie d’être mari et père. Comment penses-tu que je me sens quand nous allons aux mariages de mes amis ou aux baptêmes de leurs enfants ? J’ai envie aussi de connaitre ces joies. Je suis à une étape de ma vie où je veux avancer. La question est de savoir si on unit nos forces pour avancer ensemble et réaliser nos rêves respectifs, ou si chacun poursuit ses rêves de son côté. Prends le temps d’y réfléchir.

Elle baissa la tête pendant un long moment et finit par me dire « D’accord ». Ses yeux étaient rouges. C’est à peine qu’elle mangea quand le serveur apporta nos commandes. La tension fut encore plus vive le reste du temps que nous avons passé ensemble. Notre relation entrait dans une sorte de sursis. Personnellement, ça ne me faisait pas particulièrement déprimer. Mon esprit était totalement ailleurs.

Cica ! Je n’arrêtais pas de penser à elle. Tout l’après-midi passa ainsi. Le souvenir de ses courbes, son visage, son teint, l’odeur de son parfum me revenaient sans cesse. J’éprouvais le besoin de la revoir. Après le boulot, j’invitai quelques amis du boulot à prendre un pot. Au fond, je voulais passer le temps avant de me rendre sur ce fameux trottoir où tout avait commencé. Avec mes amis, nous sommes allés dans un lounge. Entre musique, bières, bonnes blagues et récits de bruits de couloir du boulot, le temps me semblait interminable. L’ambiance était bonne. Je tachais de l’apprécier, mais mon esprit était ailleurs.

22h30 ! Un à un, nous émîmes le désir de rentrer pour reprendre des forces pour le lendemain. Je pris la route de Gbégamey pour retrouver Cica. Arrivé à hauteur du Hall des Arts, je ralentis. Je scrutais chaque silhouette en espérant distinguer celle de ma belle. Après cinq minutes, je ne la vis pas. Je m’arrêtai pour regarder en arrière et voir si je ne l’avais pas manqué. A ce moment, une des prostituées vint m’offrir ses services. Je déclinai gentiment en lui demandant si elle avait une « collègue » du nom de Cica. Elle me toisa et voulut s’en aller. Je la retins et lui tendit un billet de deux milles francs. Je lui décris Cica mais elle ne la connaissait pas. La seule fille qui correspondait à ma description, s’appelait Shirley. Elle me demanda ce que je lui voulais. Je lui fis comprendre que j’avais été très satisfait de sa prestation et que je souhaitais à nouveau m’offrir ses services. Elle me dit que Shirley ne devrait plus tarder à venir. J’allai me garer de l’autre côté de la voie pour ne pas perturber le flux des « clients » qui allait et venait. Après une demi-heure d’attente, Cica arriva. Elle marchait lentement. Chacun de ses pas rythmait la cadence de ses hanches. Dès que je la vis, tout mon être s’emballa. Je démarrai et fis le tour pour la rejoindre. La prostituée qui m’avait renseigné, me vit arriver et hocha la tête.

Je m’arrêtai à hauteur de Cica et fit : – Bonsoir Cica – Ne m’appelle pas comme ça ici. Bonsoir. Que veux-tu ? – J’avais envie de te voir. On n’a pas eu le temps de parler hier. – De quoi aurait-on pu parler ? Mon temps était compté. – On peut aller prendre un pot ? – Non. Je vais perdre des clients. – Je te paierais pour le temps qu’on passera ensemble. – Mais qu’est-ce que tu cherches à la fin ? fit elle énervée.

Sa voix commençait à monter et les autres prostituées tournaient leurs regards vers nous. Celle qui m’avait renseigné, s’approcha et demanda à Cica si tout allait bien. Elle acquiesça. Je lui dis calmement : – Accorde-moi un moment s’il te plait. Je te paierais.

Elle accepta et monta sur ma moto. Nous partîmes pour un lounge que je connaissais et qui n’était pas loin de là. Nous prîmes une table. Un serveur s’approcha et prit nos commandes. Elle me lança des regards inquisiteurs. J’imaginais les questions qu’elle devait être en train de se poser en ce moment et je souris. Ça l’énerva encore plus.

– Pourquoi ris-tu ? dit-elle. – Pour rien de spécial. C’est quoi ton vrai prénom ? Tu t’appelles Cica ou Shirley ? – Les deux mais qu’est-ce que ça peut te faire ? – Je veux juste savoir. Tes « collègues » n’avaient pas l’air de connaitre « Cica » – Je n’utilise pas ce prénom dans la nuit. – Je m’appelle Calixte. – D’accord. Maintenant dis-moi, que veux-tu exactement ? – Pour être honnête, je ne sais pas ce que je veux moi-même. Tout ce que je sais, c’est que j’avais très envie de te voir ce soir. – Tu as envie de me voir ou tu as envie de moi ? – J’ai envie de te connaitre plus. – Si tu souhaites être un client régulier, ce n’est pas de problème. Ce n’était pas nécessaire d’en discuter autour d’un pot. A moins que je me trompe.

Elle avait raison. Qu’est-ce qu’un homme pouvait vouloir d’autres d’une prostituée si ce n’est juste venir prendre son pied ? J’étais en face d’une prostituée en train de lui offrir un pot, mais dans quelle intention ? Je ne savais même pas. Mais ce que je ne pouvais ignorer, c’était sa présence constante dans mes pensées. Je repensais sans cesse au mystère de la dualité de sa personne. Elle, qui s’était quasiment offerte à moi avec fougue et passion la veille, affichait presque du mépris à mon égard aujourd’hui. Pourquoi était-elle ainsi ? Est-ce ainsi que toutes les prostituées s’offrent à leurs clients ? Elle avait aussi cet air qui semblait tellement se détacher du monde de la nuit. Son esprit semblait tout le temps ailleurs. A quoi pouvait-elle bien penser d’autres ? Avait-elle des rêves ? Des projets ? Elle était intelligente, belle et s’exprimait bien. Elle aurait pu réussir dans bien des professions, mais voilà ce qu’elle faisait. Elle était un mystère à la fois fascinant, envoutant et si sombre. Je crois que c’est précisément ce qui m’attirait chez elle.

– Shirley, fis-je après une longue respiration, de toute la journée, je n’ai pas arrêté de penser à toi, à la nuit que nous avons passée hier. Je suis conscient de ce que tu fais dans la vie mais ça ne m’empêche pas de ressentir le besoin de te connaitre davantage. J’aimerais vraiment te connaitre. – Es-tu sûr que tu vas bien ? Comment pourrais-tu vouloir faire plus ample connaissance avec moi ? Sais-tu tout ce que ça implique ? Je suis désolé. Je ne fais pas ça. Si j’accepte, qu’est ce qui va se passer ? Tu me diras de ne plus me travailler dans la nuit ? Que se passera-t-il le jour où tu découvriras que j’ai déjà couché avec un de tes amis ? Quand ta famille te demanderas ce que je fais dans la vie, que vas-tu leur répondre ? Veux-tu vraiment sortir avec une prostituée ? Est-ce que tu as conscience de tout ce que ça implique ? Je n’envisage pas de relation avec un homme, ni à court terme, ni à long terme. Aussi tu ne me diras pas que tu n’as personne dans ta vie.

A ces mots, le visage d’Annie apparut dans ma tête. Qu’étais-je en train de faire ? Qu’allais-je faire d’elle ? Que deviendraient tous ces projets que nous avions ? Qu’adviendraient-ils de tous nos rêves à deux ? Nous avions traversé tant de choses pendant toutes ces années. Ce que j’étais en train de faire détruirait tout ça. Comment ai-je pu avoir un coup de foudre si intense en si peu de temps ? Autant avoir une porte de sortie si ça devrait ne pas marcher avec Annie. Je regardais Cica et lui dit :

– Je te comprends. Tu as raison. Mais je ne peux ignorer ce que je ressens en ce moment. Permets-moi d’insister s’il te plait. – Non. Réfléchis bien à ce que tu veux. Analyse correctement toutes les conséquences qu’il pourrait y avoir si tu sors avec moi. – D’accord. J’y réfléchirais et on en parlera bientôt.

Nous finîmes nos verres et je la déposai à Gbégamey.

Cliquez ici pour télécharger gratuitement
risus Praesent mattis leo. dictum velit, dapibus pulvinar Aenean